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Message de Pâques de Monseigneur Gilbert Aubry
Article mis en ligne le 3 avril 2010
dernière modification le 2 avril 2010

par Geneviève Barbeau

Voici le message de Pâques de l’évêque de La Réunion :

CONSTRUIRE L’AMOUR DANS LA VERITE !

« C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité… » (Lc 24,34).

Cette certitude de Pâques est la nôtre aujourd’hui. Nous sommes les nouveaux pèlerins d’Emmaüs. Jésus ressuscité chemine avec nous, il nous rejoint là où nous sommes. Mais il nous faut du temps pour que nos yeux aveuglés s’ouvrent à la Lumière. Il nous arrive d’emprisonner Jésus ressuscité dans nos rêves, dans nos désillusions, sans chercher à approfondir son mystère, à l’aimer pour lui-même et à nous laisser aimer par Lui. Au creux de notre vie, la Parole de Dieu nous réveille alors sur les routes de notre exode terrestre :

« Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité » (Lc 24, 5-6).

Le tombeau est vide. Le constat est formel. Les femmes qui, les premières, découvrent cette réalité, sont affolées. Une présence divine éblouissante les ramène à l’enseignement du Christ : « Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée… Il faut que le Fils de l’Homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que le troisième jour, il ressuscite » (Lc 24, 6 à 7). Pierre et Jean sont bouleversés à leur tour. Le linceul est bien roulé. Le linge qui entourait la tête du mort est encore en sa forme première. Jésus apparaît aux apôtres rassemblés. Il leur donne sa paix et leur demande à manger. Ce n’est pas un esprit. C’est vraiment Lui « C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité… » .

 Jésus en personne avec son corps de ressuscité

Ce n’est pas une image de Jésus qui se présente aux apôtres. C’est Jésus lui-même en personne avec son corps de ressuscité. Mais qui est-il ce Jésus qui se dévoile peu à peu en révélant Dieu comme Père de tous les êtres humains, de toutes cultures, langues, peuples et nations ? « Il est l’image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature… » (Col 1, 15 à 20) nous dit saint Paul. Il est le « Verbe (qui) s’est fait chair » (Jn 1, 14) nous dit saint Jean. Avec Lui qui est « le Fils de l’Homme » (cf. Mt 24,27), tous les êtres humains peuvent devenir enfants de Dieu, par le don de l’Esprit, dans la grâce du baptême « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Mt 28,19). C’est Jésus ressuscité qui nous le dit lui-même, avant de remonter vers son Père et Notre Père. Précédemment, il insiste sur le choix que nous avons à faire de Lui dans le service de nos frères et notamment des plus petits, des souffrants et des exclus. Au jugement dernier, nous aurons à rendre compte des talents que Dieu nous confie (cf. Mt 25 et 26).

Il n’y a pas de résurrection sans passion, sans croix à porter parce que la vie de tout être humain, de tout chrétien surtout, est un combat spirituel permanent. Celui qui veut suivre le Seigneur Jésus-Christ doit affronter les tentations comme il l’a fait au désert. Nous avons à mettre nos pas dans ses pas, à prendre sur nous son joug. Il nous faut mourir au péché et au Mal jour après jour, dans la lumière de la résurrection. Nous ne sommes pas masochistes… mais la souffrance fait partie de notre vie. Les drames de l’existence peuvent nous broyer les uns et les autres, moralement, physiquement.

 « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Pensons aux malades et aux personnes âgées sur un lit de douleur. Pensons aux enfants et aux familles qui souffrent terriblement des dégâts de la pédophilie. Pensons aussi à nos deux frères prêtres en prison. Pensons aux violences, aux brutalités, aux peurs, aux viols, aux meurtres, aux crimes qui secouent notre société réunionnaise. Pensons à ceux qui n’ont pas les moyens de vivre. Pensons à nos nombreux jeunes diplômés sans emploi, à ceux qui veulent travailler et qui sont au chômage. Pensons aussi à ceux qui, dans les domaines économique et politique, se demandent comment faire pour faire vivre.

Souffrance ! Et nous vient dans le cœur cette prière du Christ à Dieu « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46). Le Père ne l’a pas abandonné. Il l’a ressuscité au-delà de tout espoir humain parce que, entre Lui Dieu et cet homme Jésus, il y a toujours eu une relation réciproque d’amour, de toute éternité, pour toute éternité. Dans l’Esprit-Saint, par amour pour Dieu son Père, portant toute l’Humanité en Lui, le Christ donne totalement sa vie jusqu’au bout de l’amour. Vraiment Dieu et vraiment homme en même temps, Jésus ressuscité rayonne de lumière miséricordieuse. Maintenant, il nous sauve par grâce et sera « notre mot de passe » à notre heure dernière.

Et nous ? Est-ce Dieu qui nous abandonne ou bien n’est-ce pas nous qui abandonnons Dieu ? Sur quoi, sur qui, pour quoi, pour qui construisons-nous notre vie ? Comment réussir notre vie maintenant et pour l’éternité ? Quelle est notre relation d’amour avec Dieu dans le silence de la prière ? Quelle est notre relation d’amour avec ceux qui sont dans notre vie quotidienne ? Il ne s’agit pas de magie ni de fusion sentimentale, mais de confiance réciproque et simultanée entre Dieu et nous, entre nous et les personnes qui avancent avec nous sur le même chemin de la vie. Cela n’est possible, pour nous chrétiens, qu’en vivant dans l’Esprit-Saint qui veut faire toute chose nouvelle.

Nous avons nos talents à faire fructifier, nos compétences à partager, nos responsabilités à assumer, la solidarité à développer pour mieux vivre ensemble. Quel chantier pour nous-mêmes en Eglise ! Quel chantier pour l’Eglise à La Réunion et en Océan Indien ! A l’occasion de Pâques, arrêtons nous un instant et demandons la Lumière de Dieu : « Dieu est Lumière, en Lui point de ténèbres » (1 Jn 5). L’amour vient de l’Amour, il vient de Dieu « car Dieu est Amour » (1 Jn 8). Et cet amour avec le Christ ne peut pas être mensonge car il nous dit encore aujourd’hui « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6) de chaque vie humaine, au cœur de chaque personne, au cœur de la société. Puisque le Christ est « l’image du Dieu Invisible » (Col. 1, 15) et que Dieu Notre Père nous prédestine à « reproduire l’image de son Fils » (Rm 8, 29), « … les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous » (Rm 8, 18).

 Soyons des signes authentiques de Jésus-Christ

Nous chrétiens, puissions-nous être des signes authentiques de Jésus-Christ, crucifié et ressuscité ! Puissions-nous vivre, toujours et partout, par Lui, avec Lui et en Lui ! Nous avons à construire « l’amour dans la vérité » (cf. encyclique de Benoît XVI). La collaboration de la grande famille humaine (cf chap. V) avec Dieu est nécessaire aujourd’hui pour un véritable développement humain. Cela intéresse au plus haut point les relations interpersonnelles, familiales, sociales, culturelles, économiques, politiques. C’est la mission des chrétiens comme une contribution à l’évolution humaine de notre société et du monde, pour la gloire de Dieu et le bonheur des hommes. Ne disons pas que c’est impossible. Prenons les moyens de vivre en chrétiens, de faire communauté et de nous ouvrir aux autres avec le Christ ressuscité qui chemine avec chacun de nous, avec nous tous :

« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11,25).
« A ceci nous avons connu l’Amour : celui-là a donné sa vie pour nous.
Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères »
(1 Jn 16).

La résurrection du Christ n’est pas seulement un fait passé inscrit dans l’Histoire. Elle est à l’œuvre aujourd’hui pour nous arracher à nos enfers, à nos tombeaux pour nous faire vivre en ressuscités. Jésus-Christ est notre résurrection et la vie du monde à venir.

Saintes et lumineuses Pâques d’Espérance !

Pâques 2010

Monseigneur Gilbert AUBRY


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