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En observation pour « Le Jour du Seigneur »
Article mis en ligne le 1er mars 2011

par Evelyne Gigan

Depuis janvier dernier, le Comité français de radio télévision (CFRT) a nommé le frère Antoine de La Fayolle producteur pour l’émission télévisée « Le Jour du Seigneur » sur Outre-Mer Première pour trois ans. Il est actuellement de passage dans l’île. Rencontre.

[bleu]Présentez-vous.[/bleu]

Antoine de La Fayolle, je suis dominicain. Depuis le 1er janvier, je travaille au CFRT (Comité français de radio télévision). J’ai succédé au Père Noël Choux comme responsable des émissions religieuses pour les DOM-TOM.Je suis missionné pour le choix et de la diffusion des magazines hebdomadaires du Jour du Seigneur sur la Première. J’assure aussi le suivi deux messes annuelles filmées dans les DOM-TOM et diffusées en métropole.

[bleu]Comment êtes-vous arrivé au Jour du Seigneur ? [/bleu]

Avant d’arriver au Jour du Seigneur, j’étais maître des étudiants, je m’occupais de la formation des frères étudiants. Je négociais avec eux le passage de « CDD » à « CDI » dans la vie religieuse ! Au bout de trois ans, ils pouvaient demander à s’engager définitivement. Je voyais avec eux si c’était une bonne chose et pour eux et pour l’Ordre.

Au bout de six ans, j’ai dit à mon supérieur que j’avais envie de voir autre chose, de sortir un peu du couvent, d’avoir « une » fenêtre ouverte sur un autre univers. Je me suis organisé pour suivre un master en communication à Lille et le provincial m’a demandé d’aller travailler comme responsable de messes au CFRT, c’est comme ça que j’ai mis un premier pied au CFRT à Paris où j’effectuais un mi-temps et le reste du temps j’étais à Lille comme formateur pour les frères étudiants. Quand le directeur du CFRT m’a demandé de succéder au père Noël Choux, qui a pris sa retraite en décembre dernier, j’ai accepté volontiers.
J’ai donc deux casquettes au CFRT, le suivi de messe télévisée en métropole, une fois tous les deux ou trois mois et puis, la responsabilité de l’émission pour les DOM-TOM. C’est à ce titre que je visite les départements et territoires d’Outre-Mer pour avoir une idée des lieux, de nos correspondants, des contextes... Fin janvier début février, j’ai fait la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane. En avril, j’irais dans le Pacifique découvrir les îles Marquises, Tahiti, la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna. Début juin, j’irai à Saint-Pierre et Miquelon. En six mois, j’aurai ainsi fait le tour des différents lieux, j’ai pas mal d’éléments sur le papier, mais je pense qu’il est important de mieux connaître le terrain.

[bleu]Pourquoi vous êtes-vous tourné vers la communication ? [/bleu]

Parce que j’aime bien cela et que j’ai constaté qu’en métropole, l’Église connaît des carences en la matière. Je me suis dit qu’il y avait un créneau où je pouvais trouver ma place et donner un coup de main.

[bleu]Vous aviez déjà participé à la mise en place de www.retraitedanslaville.org, un site internet qui propose des retraites en ligne, comment ca s’est fait ?[/bleu]

C’était en 2002, avec les frères étudiants on s’était demandé comment les gens qui travaillaient pouvaient faire pour marquer le temps du Carême. On avait élaboré un petit kit de carême pour les amis du couvent, puis on l’avait ensuite mis en ligne. La dernière édition a rassemblé 40 000 abonnés.

[bleu]Et cette aventure continue pour vous ?[/bleu]

En tant que responsable des frères étudiants, j’étais aux premières loges. Maintenant, n’étant plus à Lille, je donne un coup de main, lorsqu’on me demande.

[bleu]Quels sont vos projets pour « Le Jour du Seigneur » ?[/bleu]

Pour l’instant, je m’interdis d’avoir trop d’idées parce qu’elles seraient trop a priori. Je veux d’abord rencontrer les différents interlocuteurs, voir quelles sont les questions qui se posent et comment elle se posent et puis après on verra s’il y a des choses à changer et comment. Ce qui est sûr, c’est que ça n’a pas la souplesse d’un site internet, il faut travailler en lien avec le service public, tenir compte du cahier des charges. L’autonomie est moins immédiate, mais une fois que j’aurai fait le tour, je reviendrai faire le point (rires).

[bleu]Vous en êtes à votre quatrième département d’Outre-Mer, avez-vous perçu des différences entre les départements ? [/bleu]

Il y a bien évidemment des différences culturelles, mais aussi ecclésiales. La Guadeloupe, par exemple, n’a plus d’évêque depuis trois ans. Le père Jean Hamot est administrateur diocésain et n’a donc pas l’autorité de la fonction, il exerce comme il peut avec un dévouement assez beau, mais il n’a pas la même marge de manœuvre que Mgr Emmanuel Lafont, l’évêque de Guyane, qui va lancer un synode dans son diocèse. L’archevêque de la Martinique a écrit à Rome pour donner sa démission, il est atteint par la limite d’âge et ne sais pas s’il va devoir rester à son poste encore quelques années.

[bleu]Vous êtes à La Réunion pour prendre contact avec le diocèse et Réunion Première, quels sont les projets du « Jour du Seigneur » dans notre diocèse ?[/bleu]

Il y a bien sûr la programmation hebdomadaire de l’émission. D’autre part, l’une des deux messes diffusées en métropole depuis l’Outre-Mer sera filmée dans l’île le 29 mai prochain. Je dois encore déterminer avec l’évêque le lieu. Cette année, ces messes d’Outre-Mer ne seront pas suivies d’un documentaire de vingt-six minutes. On envisage plus de faire un plateau avec les évêques de ces diocèses. On va commencer par La Réunion, on donnera la parole à Mgr Gilbert Aubry sur des problématiques qui restent encore à définir. Mon rêve, ce serait de dire voilà comment le Christ se donne à connaître à La Réunion, voilà comment le mystère de la Révélation est vécu dans ce diocèse. Je suis sûr que l’Église de métropole à apprendre des Églises d’Outre-Mer. Comme pour un diamant, si l’Église a plusieurs facettes, j’aimerais arriver à montrer d’autres éclats de ce que peut être la Bonne Nouvelle aujourd’hui.

[bleu]Comment envisagez-vous ces plateaux ? [/bleu]

Selon la thématique, on mettra des sujets de deux à quatre minutes qui viendront illustrer ou relancer la discussion. Avant mon départ, je dois donc voir avec l’évêque et avec le frère Jean-Denis Ferrère, le délégué épiscopal du « Jour du Seigneur » à La Réunion quel est l’axe principal qu’on veut suivre, avoir des idées de sujets. Après je retourne à Paris pour voir comment lancer les sujets et qui va s’en occuper. Sur le plateau, il y aurait Mgr Gilbert Aubry, un journaliste Philippe Jeannin, qui est à la fois le producteur de l’émission et le présentateur, et éventuellement quelqu’un d’autre mais cela dépendra du sujet.

[bleu]« Le Jour du Seigneur », c’est 57 émissions par an, 25 programmes réalisés dans l’Outre-Mer, comment envisagez-vous la collaboration avec les DOM-TOM ? [/bleu]

J’aimerais que les Église de métropole et celles des DOM-TOM puisse se dire leur approche du Christ, de la foi chrétienne. Actuellement en Guyane, il y a un sujet qui se prépare sur le synode que ce diocèse est en train de mettre en place. Ce magazine sera diffusé dans les neuf diocèses d’Outre-Mer, on essaye ainsi de favoriser les échanges entre les départements et les territoires d’Outre-Mer.

[bleu]Pourquoi les documentaires réalisés en Outre-Mer ne sont-ils pas retransmis en métropole ?[/bleu]

Il y a des questions qui sont abordées ou qui se posent dans les DOM-TOM et qui ne se posent pas de la même manière en métropole. De plus, l’émission métropolitaine a une logistique beaucoup plus lourde et ça serait plus compliqué de coordonner à la fois ce qui est dit dans les DOM-TOM, avec ce qui est dit en métropole. En métropole, on intervient ponctuellement par les deux messes annuelles filmées en Outre-Mer. Avec les déplacements, ces messes reviennent plus cher que celles tournées en métropole, c’est un effort financier que fait « Le Jour du Seigneur » parce qu’il pense que ça en vaut la peine, mais il y a des contraintes réalistes qui brident plus d’échanges.

[bleu]Si les vingt-cinq documentaires réalisés en Outre-Mer étaient diffusés en métropole, ça serait ça de moins à tourner dans l’hexagone, non ?[/bleu]

Ça fait partie des pistes qui sont à lancer, mais c’est sûr qu’on va travailler beaucoup plus en synergie entre les productions faites pour France 2 et celles sur les DOM-TOM. Il faudra sûrement « angler » nos sujets sur ce qui pourrait concerner les DOM-TOM et vice versa. Il y aura sans doute plus de synergie, mais ça reste à mettre en place.


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