Rencontre pour le cinquantenaire de l’Arep au centre Saint-Ignace

jeudi 13 juin 2013
par  Séverine Gourville

Hier mardi 11 juin, le centre Saint-Ignace organisait un forum débat sur l’éducation populaire. Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre des actions menées pour le cinquantenaire de l’Association réunionnaise d’éducation populaire (Arep).

Fondée en 1962, l’Arep a été témoin de l’évolution socio-économique de La Réunion et actrice de plusieurs changements qui ont marqué l’existence de nombreux Réunionnais. Les participants à la rencontre ont pu revisiter cette histoire avec la projection du film 50 ans d’éducation populaire.

Ce documentaire a été l’occasion de revenir sur l’histoire de l’association mais aussi de retracer les périodes charnières de l’action sociale à La Réunion : les premières actions d’urgence sociale et sanitaire dans les années 60 , en passant par la création des premières coopératives et syndicats agricoles dans les années 70, jusqu’à la participation aux programmes d’insertion professionnelle de jeunes sans qualification et plus récemment l’accompagnement des personnes migrantes ou encore du public SDF.

Après la projection les échanges ont porté sur les enjeux de l’éducation populaire aujourd’hui. Les intervenants ont déploré les restrictions des dotations budgétaires mais aussi le morcellement d’actions et de dispositifs parachutés sur le terrain empêchant par là même la mise en œuvre d’interventions de développement au niveau global. D’où la volonté pour les acteurs de terrain d’une réflexion pour ré-impulser une dynamique d’éducation populaire à la Réunion. C’est notamment le propos du livre Capab’ Ensemb’ publié dans le cadre du cinquantième anniversaire de l’Arep et que son auteur, le père Stéphane Nicaise vice-président de l’Arep, a présenté lors cette rencontre.

Dans cet ouvrage, le père Stéphane Nicaise revient sur le contexte de la création de l’Arep. L’association est née à l’initiative du Père Jean de Puybaudet dans la mouvance de la doctrine sociale de l’Église. Ce qui en fait un fondement essentiel pour l’association. « L’Arep repose sur une vision de l’Homme selon l’anthropologie chrétienne et philosophie de l’éducation populaire » précise Stéphane Nicaise. Pour l’association, le postulat de départ est la foi en l’Homme et en sa capacité, quelle que soit sa situation, à mobiliser ses ressources propres pour être acteur de son développement et de celui de la collectivité. « Le développement durable d’une société ne peut se faire s’il ne repose pas sur la population. A trop vouloir faire à la place des gens on produit le contraire de ce à quoi on veut aboutir. L’Arep a foi en l’Homme et son objectif est de ne pas faire à la place des gens » insiste le vice-président de l’association.

Des propos qui ont été repris par Yves Zoogones, l’actuel directeur de la structure. Pour ce responsable, la spécificité de l’Arep tient moins dans la pluralité de ses actions (lutte contre l’illettrisme, accompagnement de la parentalité, aide aux migrants, etc.) que dans les outils et méthodes mises en œuvres pour les réaliser. « L’Arep aide les personnes à faire un diagnostic d’un territoire, d’une situation. Elle aide à formaliser une lecture partagée par l’ensemble des individus concernés par la problématique. Elle les accompagne à faire ensemble, à construire ensemble un projet de développement personnel et/ou collectif, et en définitif à être acteur de leur devenir », a conclu Yves Zoogones au terme de cette rencontre.


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