Patrick Thérinca, de l’Évangile à la justice sociale

vendredi 12 décembre 2014
par  Séverine Gourville

Délégué syndical et conseiller prud’homal, Patrick Thérinca vit ses missions à la lumière de l’Évangile. Pour faire respecter les droits des travailleurs et préserver la place de l’Homme dans un système parfois déshumanisant.

« Au départ, je cherchais des solutions par rapport à ma situation professionnelle difficile. Je me suis rapproché d’un syndicat et j’ai aussi commencé à me documenter personnellement sur la législation du travail. Des collègues au courant de ma démarche ont commencé à m’interpeller sur ce qu’ils vivaient. Prendre conscience des droits du travailleur m’a encouragé à poursuivre l’engagement dans le mouvement syndical afin de faire respecter ces droits », raconte Patrick Thérinca délégué syndical à la CGTR depuis 1982.

Animé par le désir d’agir pour davantage de justice dans le monde du travail, Patrick, employé commercial dans le secteur de la grande distribution, poursuit sa formation dans le domaine syndical et devient en 1996 conseiller prud’homal. Aussi appelé « juge du travail », le conseiller prud’homal est chargé d’arbitrer des litiges entre salariés et employés autour de questions relatives à l’exécution ou la cessation du contrat de travail. « Nous devons faire en sorte que nul ne se trouve lésé. Ainsi celui qui investit a besoin d’un retour sur cet investissement. Pour autant, il est nécessaire de rappeler que celui qui produit n’est pas uniquement un outil au service de cet investissement. Notre rôle est donc aussi de préserver la place de l’Homme dans un système qui tend parfois à détériorer voire déshumaniser les relations. »

Aussi, c’est à la lumière de l’Évangile que Patrick Thérinca vit cette mission. La Parole, l’eucharistie quotidienne et la prière personnelle nourrissent son engagement dans le monde. « Vivre la Parole dans notre vie c’est se demander qu’est-ce que Jésus aurait fait dans cette situation. Pour cela je prends le temps de m’arrêter et de me mettre devant le Seigneur pour une relecture de mon quotidien. Cela me permet de reconnaître l’action du Seigneur dans les événements de mon existence. Se poser sous son regard c’est aussi accueillir ce qui arrive, la façon dont je le ressens et lui offrir tout cela. C’est une manière de faire face aux difficultés et malgré les obstacles, d’avancer dans l’espérance. »

Cette manière de prier, Patrick l’a découverte en fréquentant la chapelle de la Résidence du Sacré-Cœur et le Centre Saint Ignace à Saint-Denis. C’est en participant aux soirées « Bible et Art » du Père Bernard Paulet, qu’il commence à s’initier à la spiritualité ignatienne. « J’apprécie la manière d’enseigner des Pères jésuites qui d’une certaine manière permet de sentir les choses. Faire silence, se recueillir, découvrir Dieu présent ici et maintenant, cela me permet d’aller de l’avant et de trouver dans la prière la force, l’aide et les solutions. »

« Le Seigneur nous dit « demandez et vous recevrez » » : pour Patrick, cette parole est un appel qui pousse à se mettre en mouvement. Il a participé à différentes formations et enseignements proposés dans le cadre de la Petite école de la foi (Sedifop). Tout comme pour son engagement syndical, si c’est d’abord le besoin de comprendre qui l’a attiré, peu à peu la soif se fait chemin d’espérance. « Plus on apprend, plus on comprend et plus on comprend, plus on fait attention. Cela ne veut pas dire qu’on ne fait plus d’erreur. Nous sommes tous pécheurs, donc on chute quant même ! Mais on continue à avancer en gardant le cap : préparer dès maintenant la vie éternelle. »


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