Parution de « Poétique Mascarine », de Gilbert Aubry

mercredi 24 décembre 2014
par  Françoise Adam de Villiers

Œuvres complètes, 1971-2011. C’est le sous-titre de cette Poétique Mascarine (Épica Éditions) qui rassemble toute l’œuvre poétique de Gilbert Aubry. « Depuis plusieurs années cette intégrale me trottait dans la tête, explique-t-il. Car je voyais des poèmes repris dans certaines écoles, dans des programmes… des personnes me demandaient tel recueil devenu introuvable… et je finissais par avoir un sentiment d’éparpillement. Cela me paraissait important de mettre ensemble les différents recueils –déjà, pour moi-même, pour ne pas me perdre. »

De l’idée à sa réalisation, difficultés et contretemps n’ont pas manqué… et c’est finalement Gilbert Canabady qui est devenu son principal complice dans cette entreprise : « Sans lui, je n’aurais pas relevé le défi ». D’autres amitiés ont été précieuses : celle d’Alain-Marcel Vauthier, président de l’Académie de La Réunion. Celle d’Idriss Issop Banian, avec qui il fait l’expérience, selon l’expression de ce dernier, d’un « long compagnonnage à la fois poétique et spirituel ». Celle enfin de l’éditeur, Jean-Pierre Boyer, qui ne cache pas sa fierté de ce livre « dont le thème s’accorde tout à fait à l’idée que nous nous faisons de l’édition réunionnaise, un livre fait pour nous, par nous, et ça montre notre identité, pas seulement réunionnaise mais mascarine ».

Rivages d’Alizé... Hymne à la Créolie... Sois peuple... Cœur brûlant... Lumière sur Rivière Noire... Et aussi d’autres textes, restés plus confidentiels... et plusieurs interviews... et l’étude de Michel Beniamino Mystique Marronnage... Comme on tourne les pages, des visages surgissent et Gilbert Aubry tient à en nommer deux, particulièrement : « Boris Gamaleya, avec qui nous avons eu il y a deux ans un échange poétique passionnant sur scène, à Saint-Paul » et « Alain Lorraine, celui qui m’a entraîné dans la négritude et dans la compréhension de certains filons ».

« La poésie, c’est un respiration, explique Gilbert Aubry. Ce n’est pas l’écriture d’abord. C’est capter la réalité, qui comporte beaucoup plus que ce qui apparaît ». On saisira mieux, au fil de la lecture, la justesse du titre Poétique Mascarine, que l’auteur revendique bien comme « ma poétique », une poétique « alimentée par ma foi... et le filon intérieur ne se dit pas en répétant “Bon Dieu, Bon Dieu”, mais en partageant l’expérience humaine sous forme poétique ».

Et, poursuit-il, « ce livre, ce n’est pas 1 500 exemplaire mais beaucoup plus ! Car le lecteur va se l’approprier. C’est une expérience partagée qui va engendrer une multitude d’élans intérieurs qui va changer la vie. Quand l’intériorité rejoint des autres dans une ouverture, ça devient un ensemencement ».


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