Les JMJ, c’était aussi à Sainte-Marie

lundi 29 juillet 2013
par  Sonia Delecourt

Des ballons, des banderoles, des guirlandes, tout était prêt pour que la fête soit réussie. Dès 7 heures ce dimanche 28 juillet, les petites mains se sont activées pour préparer l’esplanade du Frère Scubillion à Sainte-Marie où devait se tenir la JMJ locale, en communion avec les JMJ de Rio, dont le thème était : « Allez, de toutes les nations faites des disciples ».

À 9 heures, la journée a commencé par un temps d’accueil et un rappel historique des JMJ, avant de se poursuivre par une prière d’ouverture et par une procession. Une trentaine de jmjistes ont ainsi porté la croix des JMJ, un globe terrestre, un cierge avec le logo, les drapeaux des cinq continents, ainsi que ceux du Brésil, du Vatican, de Maurice, de Madagascar, de Tanzanie, du Congo, et du Sénégal. C’était ensuite au tour des anciens Jmjistes ayant participé aux JMJ de Sydney ou de Madrid de témoigner devant près de 2000 jeunes venus de toute l’île.

Emilie était aux JMJ de Madrid en 2011. « J’ai vécu les JMJ de Madrid, et ceux de Sydney, explique l’ancienne jmjiste. Quand je suis allée aux JMJ de Sydney, je ne croyais plus en Dieu. C’est vraiment à ces JMJ que j’ai redécouvert le Christ. C’est là que ma foi s’est renouvelée en lui et que Jésus est redevenu un pilier dans ma vie. À mon retour, j’ai commencé à participer aux activités de ma paroisse. Les JMJ de Madrid étaient une expérience que j’ai vécue intensément. J’ai rencontré des gens formidables et dont je me suis fait des amis dans la foi. L’énergie des JMJ, elle se renouvelle lors des rassemblements où l’on se retrouve, où l’on recrée le lien avec Jésus. Ce que je retiens des JMJ, c’est que Jésus vient à notre rencontre là où on ne l’attend plus. Les JMJ m’ont permis de continuer ma vie avec le Christ. Après les JMJ de Madrid, je me suis inscrite à une formation du Sedifop pour consolider ma foi. On dit qu’on connaît le Christ, mais on ne le connaît pas vraiment. Les JMJ nous donnent cette soif de le connaître, de le rencontrer davantage. »

La matinée s’est ensuite enflammée avec des chants de louange sur lesquels les jeunes n’ont pas hésité à se déhancher. Un moment de pur bonheur où les jeunes ont laissé éclater leur joie d’être chrétiens.

C’est à partir du thème des JMJ de cette année que le père Patrice Ellama a ensuite donné un enseignement. « Jésus donne une invitation à toute son Église pour qu’elle soit une Église missionnaire. Ce matin avec les jeunes, on a essayé de redécouvrir le message que le pape émérite Benoît XVI avait envoyé à la jeunesse du monde en vue des JMJ de Rio, pour aider les jeunes à redécouvrir le Christ autour de trois verbes : connaître, aimer, témoigner, comment aujourd’hui devenir disciple et aider d’autres à devenir disciples. Connaître : le disciple est celui qui apprend à connaître le maître Jésus, celui qui nous enseigne, qui nous instruit afin que la connaissance des Écritures, des sacrements, nous apprenne à mieux l’aimer. Cet amour que l’on reçoit, on ne doit pas le garder pour soi, mais le partager aux autres, et en témoigner autour de nous par notre manière de faire et de dire et dans notre vie de jeune, inséré dans le monde de la communication, des médias. Dire comment les moyens de communication sont nécessaires, mais qu’ils ne doivent pas remplacer cette rencontre avec l’autre dans un cœur à cœur. »

Après un pique-nique sur l’herbe, les jeunes venus de différentes paroisses de l’île ont présenté des danses du Sénégal, de La Réunion, de l’Île Maurice, de l’Inde, du Congo, de Madagascar et de Tanzanie. Une manière d’illustrer le thème de l’année.

Autre temps fort de la journée : la messe célébrée par Mgr Gilbert Aubry. Une célébration au cours de laquelle l’évêque s’est directement adressé aux jeunes : "Toi aussi cher jeune, tu peux être un témoin joyeux de l’amour du Christ, un témoin courageux de son Évangile, pour porter dans notre monde un peu de lumière. Il est bon pour nous d’être ici, de mettre le Christ dans notre vie, d’y mettre la foi, l’espérance et l’amour qu’il nous donne.

"Bientôt, vous allez retourner au collège, au lycée, à l’université, et dans tous ces lieux là, zot lé appelé à être les disciples de Jésus et à aider les autres, à avoir un comportement qui fait que tu as déjà compris que tu es une pierre vivante posé sur le roc avec Jésus. Tu bâtis ta vie avec lui, et tu dis aux autres par ton comportement : allons pas laisse filer ! Allons bâtir une vie où il y aura la fraternité, le respect, l’entraide, la solidarité. Et puis tu participes à la vie des groupes de jeunes dans ta paroisse, tu vas à l’aumônerie où tu vas goutte à goutte recevoir la parole de Dieu. Jésus y éclaire les consciences, y invite à avoir d’autres comportements, à commencer dans nos propres familles, nos propres paroisses, dans l’Église, et dans l’Église qui est à La Réunion.

« L’année de la foi de la foi nous invite à laisser Dieu nous transfigurer et le pape François disait aux évêques rassemblés à Rio : il faut que les jeunes y bouge, que zot y trouve zot place dans l’église, dans la société.  »Que les évêques et les prêtres me pardonnent si ensuite quelqu’un met la pagaille, mais c’est un conseil. Merci pour ce que vous pouvez faire. Je pense qu’en ce moment, cette civilisation mondiale est allée trop loin. Le culte fait au dieu de l’argent a pris trop de place, et on assiste à une philosophie et à une pratique de l’exclusion des deux bouts de la vie. On pourrait penser qu’il y a une sorte d’euthanasie cachée. On cherche à faire mourir la société par les deux bouts : par les jeunes et les personnes âgées. On ne s’occupe pas des personnes âgées, mais il y a aussi cette euthanasie culturelle concernant les jeunes : ne les laissez pas parler, ne les laissez pas agir. Il y a aussi l’exclusion des jeunes. Le pourcentage des jeunes sans emploi est très élevé. C’est une génération qui n’a pas l’expérience de la dignité gagnée par le travail. Cette civilisation nous a conduit à exclure les deux pointes qui sont notre avenir.«  »Si nu pense La Réunion, les paroles du pape y prend du poids encore plus fort. Par conséquent, les jeunes y doit sortir, y doit mettre à zot en valeur, et se battre pour les valeurs. Et les anciens y doit ouvrir la bouche et transmettre à nous la sagesse des peuples. Combien de fois nous ose pas parler : attention y prend à nous pour des imbéciles. Mais au fond de nou’t peuple, na une sagesse, une manière de vivre ensemble que la mette tout le monde ensemble. N’avait une solidarité ensemble entre les familles que l’était extraordinaire. Y faut pas que nous perde ça. Aujourd’hui, nous lé sur le niveau de vie, mais pas sur la qualité de la vie. Dans temps longtemps nous lété dans l’esclavage, et plus nous avance, plus nous entre dans une autre forme d’esclavage. Nous veut vivre comme en Europe, mais ici, si n’a pu l’avion demain, kossa y mange ? Nous l’a pas capable produire, construire, former, donne la main ? Tout ça lé derrière les paroles du pape. Mi lé très content que le pape y provoque à nous pour que nu réfléchi à cette transmission de la sagesse avec la mémoire du peuple. Laisse pas zot exclure ! Zot y doit travaille à ça."

La célébration s’est terminée par un lâcher de colombes qui renvoyait directement au thème de la journée : « Allez, de toutes les nations faites des disciples ».


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