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Marie de La Salette, Notre-Dame de l’écologie intégrale

Voici l’homélie prononcée par Monseigneur Gilbert Aubry à La Salette, le 19 septembre 2022.

Article mis en ligne le 22 septembre 2022
dernière modification le 23 septembre 2022

par Centre diocésain d’information

« Dieu est Amour » (1 Jn 4, 8). L’humanité avait perdu le chemin de Dieu. Alors, il y a quelque deux mille ans, Dieu Notre Père nous a envoyé son Fils Jésus pour nous conduire à Lui et à nos frères. Et Jésus nous donne Marie sa mère pour notre mère. Du haut de la croix, il confie saint Jean à Marie : « Voici ton fils » (Jn 19, 26). Et saint Jean nous représente tous. Marie veille sur l’Église et sur le monde comme elle a été attentive à la réussite des noces de Cana (cf. Jn 2, 5).

Quand le monde va mal, que l’Église est menacée, Marie intervient pour appeler à la conversion. Pour nous ramener vers Dieu le Père à la suite de Jésus qui a dit au sujet de lui-même : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6). Pour nous aider à tisser des relations fraternelles dans ce monde de la grande famille humaine en notre maison commune qui est la planète Terre. Et Marie a une attention particulière pour la France. Pensons à des apparitions reconnues : le Laus mai 1664-1719, La Salette 19 septembre 1846, Lourdes 11 février-16 juillet 1858, Pontmain 17 janvier 1871, L’Ile Bouchard 8-14 décembre 1947.

Que nous dit la Salette ? Chaque année, le 19 septembre, la fête de Notre-Dame de la Salette à Saint-Leu fait l’actualité pour toute La Réunion. Les pèlerins arrivent de tous les horizons. Souvent, les gens viennent demander une grâce à Marie, une protection parce que, en 1859, Saint-Leu avait été épargné du choléra. La paroisse s’était confiée à « Marie Notre Dame de la Salette, réconciliatrice des pécheurs ». Le Père Sayssac, curé, avait fait élever un petit sanctuaire sur la colline. On se souvient localement. Mais il faut remonter au 19 septembre 1846 pour comprendre le « message » donné par la Vierge Marie à Maximin et à Mélanie qui gardaient leurs vaches à la « salette » (endroit avec un repli de terrain) dans la montagne, près de Corps, dans la Région de Grenoble.

Marie ? Les enfants eux parleront d’une « Belle Dame » dans la lumière. La Dame les rassure : « Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle ». Ils n’ont plus peur. La voix les enveloppe et les pénètre comme une douce musique. « Mes enfants... » : c’est une mère qui parle. Elle se préoccupe des conditions de vie des familles, parle à Maximin des soucis de son papa pour la nourriture de sa famille : « Tiens, mon petit, mange encore du pain cette année, car je ne sais pas qui va en manger l’an qui vient, si le blé continue comme ça ». La Belle Dame leur parle du Bon Dieu dont on se moque, de son Fils méprisé, de la messe qui passe après le travail et les loisirs, des prières que l’on ne dit plus, des moqueries contre la religion.

C’est donc Marie qui se montre, qui parle, qui montre que les réalités de la terre sont liées à celle du ciel. Elle avertit. Elle fait apparaître les conséquences concrètes de la rupture de relation avec Dieu : « Si la récolte se gâte, ce n’est rien que pour vous autres ! (...) Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir ». Mais Marie continue : « S’ils se convertissent, les pierres et les rochers deviendront des monceaux de blé et les pommes de terre seront ensemencées par les terres ».

Un appel à la conversion

Dans un premier temps, le « message de Marie » à la Salette peut nous paraître rébarbatif, anti-miséricorde. Il est profondément évangélique, écologique comme les récentes encycliques du pape François. Nous pouvons donner à Marie le titre de Notre-Dame de l’Écologie Intégrale. Son message constitue un appel à la conversion, au changement de style de vie pour retrouver le chemin de la paix, du bonheur, de l’harmonie terrestre et cosmique avec Dieu notre Créateur, avec nos semblables, avec la Création. Maximin et Mélanie avaient compris intuitivement. Ils n’ont pas théorisé. Ils ont vu, ils ont entendu. Ils ont dit ce qu’ils ont vu et entendu. Ils ont changé de vie devant la peine et les larmes de Marie qui se cache le visage derrière ses mains : « Ne pleurez plus, Madame, je vais vous aider » (Maximin). Tout le village se convertit. Le premier pèlerinage a eu lieu. Les pèlerinages n’ont jamais cessé. Le pèlerinage quotidien c’est notre vie elle-même.

« Eh ! Bien mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple ! Allons, mes enfants, faites-le bien passer à tout mon peuple ! » L’évangélisation n’a jamais fini de se renouveler avec les générations successives. Ne nous laissons pas démoraliser par nos faiblesses et nos péchés, par les contradictions, les dérisions, les railleries et les suspicions de notre temps. Aujourd’hui, l’humanité est corrompue. Elle est tiraillée entre les grandes découvertes scientifiques qui reposent la question de Dieu alors que les deux derniers siècles avaient voulu l’éliminer. Nous nous fabriquons des veaux d’or avec les puissances de l’argent. Mammon est à l’œuvre qui écrase les plus faibles et qui divise les puissants qui ne pensent qu’à être les maîtres du monde.

Poutine qui veut reconstituer l’URSS avec les pays satellites. Il y a aussi la Corée du
Nord. La Chine. L’Arabie Saoudite qui pratique encore l’esclavage. Les grandes chaînes de distribution de nos aliments qui facilitent beaucoup d’achats mais qui écrasent en même temps les circuits courts de nos agriculteurs et de nos éleveurs. Et dans le domaine de la famille, on fait aussi n’importe quoi. Qu’est-ce que cela veut dire le mariage pour tous ? Une aberration. Il ne s’agit pas de condamner les personnes. Mais dans la mémoire longue de l’humanité, le mariage a toujours été l’union d’un homme avec une femme et réciproquement. Ne perdons pas de vue que ce qui est légal n’est pas forcément moral. Et que dire de cette perversion qui consiste à présenter l’euthanasie comme le moyen de mourir dans la dignité : on tue alors la personne pour faire disparaître sa souffrance alors que les soins palliatifs sont là justement pour gérer la souffrance et la faire disparaître pour que la personne puisse jouir de la vie jusqu’à la fin naturelle de sa vie. Nous sommes formatés par les soubresauts d’une société d’hyperconsommation et les frustrations engendrent des violences de tous ordres, dans tous les domaines.

Mais l’Esprit est à l’œuvre qui nous aide à prendre conscience que cela ne peut pas continuer comme cela. Le pape François nous rappelle en même temps par Fratelli Tutti que nous sommes tous frères et que nous avons à prier Notre Père des Cieux et à agir pour que la vie soit fraternelle avec l’aide de notre frère aîné, Jésus. Jésus qui est allé jusqu’au bout de l’amour pour nous apprendre le chemin de l’amour. « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va au Père sinon que par moi. » (Jn 14,6) « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15,12).

Alors, chacun de nous, dans l’amour de Jésus pour lui, peut accueillir une parole personnelle de consolation et de libération :
« Souviens-toi,
Souviens-toi de ton baptême, te dit Jésus.
Sur toi l’eau a coulé et par mon ministre, je t’ai dit « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ».
En ton corps, j’ai mis mon Esprit Saint qui fait toute chose nouvelle. En toi, il y a toi que tu ne connais pas encore. En toi, il y a toi-même ressuscité que tu découvriras un jour mieux que le soleil que tu vois maintenant avec tes yeux de chair. Si tu vis avec moi et en moi, tu deviens une créature nouvelle.
Oui, tu as été meurtri dans ta vie, tu as connu des cassures, tu as été trompé, tu as été trahi.

Mais toi-même, est-ce que tu n’as pas trompé ? Est-ce que tu n’as pas trahi ? Est-ce que tu ne m’as pas trompé ? Si moi Jésus, je te fais descendre au plus profond de toi-même, ce n’est pas pour t’accabler, mais c’est pour te libérer de ce qui t’accable au fond de toi-même grâce à la tendresse de Marie qui te conduit à moi aujourd’hui.

« Pourquoi as-tu peur de te dire ce qui ne va pas et de me dire ensuite pardonne-moi ? Et je dirai par mon ministre : Je te pardonne tes péchés au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ? Et même si cette démarche ne t’est pas possible dans le sacrement de réconciliation, tu sais très bien que dans ta souffrance, le désir de vivre autrement est déjà mis en toi par moi. Par conséquent, tu es déjà pardonné dans ton désir en attendant ta pleine libération. Sois patient. Sois patiente. Ne te déteste pas. Apprends à t’assumer. Apprends à assumer les autres. Apprends à t’aimer. Apprends à aimer les autres avec moi. Demande-moi la grâce de la réconciliation et je te donnerai la grâce de ta libération.

« Il se peut que tu aies été meurtri de très loin, depuis ton enfance et peut-être dès le sein maternel ou bien que tu portes en toi des blessures inconscientes venues de plus loin encore de tes lointains ancêtres. Tu ne sais pas, mais moi je sais tout. Alors ne t’inquiète pas. Donne-moi tout. Je t’enveloppe de ma miséricorde et je te donne la lumière de ma résurrection. Moi Jésus, dans cette eucharistie, si tu laisses monter vers moi le désir de ton cœur, si tu pries avec moi en demandant à mon Père de te délivrer du Mal, ne doute pas, demande et demande vraiment. Je te délivre. Je te rends libre. Et avec tes cicatrices et tes blessures, tu retrouveras tes forces et la force d’aimer.

« Qu’est-ce que tu m’apportes aujourd’hui ? Qu’est-ce que tu n’osais pas dire ou te dire ? Donne-moi tout, dis-moi tout, pour toi (pour ta femme, pour ton mari, pour tes enfants), pour tous ceux et toutes celles qui sont dans ta vie, que tu rencontres dans ton travail, dans tes loisirs, dans tes déplacements. Donne-moi tout pour que tous soient dans ma lumière. Apprends à pardonner à ceux et à celles qui t’ont offensé. Demande-moi en toi de pardonner pour toi. Je pardonnerai et avec moi, tu pardonneras car sans moi, tu ne peux rien faire. Tu sais, en moi, Dieu a réconcilié le monde avec Lui. Après cette messe, je t’envoie en ambassade auprès de tes frères et de tes sœurs pour que sur cette terre de La Réunion, vous appreniez à mieux vous aimer encore et à travailler à votre unité en vous réunissant dans l’amour du Père parce que moi aujourd’hui, avec Marie, moi-même, je fais de vous vraiment mes frères et mes sœurs. Comme au pied de la croix, Jean est devenu mon frère dans mon sang pour l’éternité. Vous et moi, nous ne devons former qu’un comme moi en mon Père nous sommes un ».

Monseigneur Gilbert Aubry


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